Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?

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Ni thèse, ni synthèse, ce livre peut être lu comme l’aboutissement d’une longue recherche. Écrit en 2013, peu avant le décès du grand historien, il interroge les diverses manières de concevoir les périodisations dans l’histoire : les continuités, les ruptures, les manières de repenser la mémoire de l’histoire. Le problème reste en effet de savoir si l’histoire est une et continue ou sectionnée en compartiments ? Jacques Le Goff examine ici un cas particulier : la prétendue nouveauté de la « Renaissance », sa « centralité » et son rapport au Moyen Âge. L’ouvrage met ainsi en évidence les caractéristiques majeures d’un long Moyen Âge occidental qui pourrait aller de l’Antiquité tardive (du IIIe au VIIe siècle) jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, incitant à renouveler notre vision historique, souvent trop étriquée, de ce Moyen Âge auquel l’auteur a consacré avec passion sa vie de chercheur. Jacques Le Goff (1924-2014) Il a notamment publié au Seuil Héros et Merveilles du Moyen Âge (2005 et « Points Histoire », 2009), Le Moyen Âge expliqué aux enfants (2006), L’Europe expliquée aux jeunes (2007) et Le Moyen Âge expliqué en images (Seuil, 2013).

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Le texte montre « POINTS » et « COMMUNS » avec des icônes de livres illustrées colorées disposées horizontalement selon un motif décoratif.Le texte montre « POINTS » et « COMMUNS » avec des icônes de livres illustrées colorées disposées horizontalement selon un motif décoratif.

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Éditeur ‏ : ‎ POINTS
Date de publication ‏ : ‎ 14 janvier 2016
Langue ‏ : ‎ Français
Nombre de pages de l’édition imprimée ‏ : ‎ 224 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2757852841
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2757852842
Poids de l’article ‏ : ‎ 120 g
Dimensions ‏ : ‎ 10.9 x 1.1 x 17.9 cm
Classement des meilleures ventes d’Amazon : 89 251 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres) 26 en Historiographie 5 519 en Sciences humaines (Livres)
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Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?

L’histoire est une discipline fascinante qui nous permet de comprendre notre passé collectif, nos cultures et nos identités. Cependant, une question surgit souvent : faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ? Cette pratique, qui consiste à segmenter les événements historiques en périodes distinctes, a ses avantages et ses inconvénients. Dans cet article, nous allons examiner cette question sous différents angles.

La nécessité de trancher l’histoire

Faciliter la compréhension

La division de l’histoire en périodes distinctes permet aux enseignants et aux étudiants de mieux organiser leurs connaissances. Par exemple, on peut parler de la Préhistoire, de l’Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance, et ainsi de suite. Chaque tranche temporelle est marquée par des caractéristiques sociales, économiques et politiques qui facilitent l’apprentissage.

Structure et contexte

Découper l’histoire crée des repères qui aident à mieux saisir des événements complexes. Par exemple, comprendre les causes de la Révolution française nécessite de connaître le contexte social et économique de l’Ancien Régime. Les tranches temporelles offrent ainsi un cadre qui peut aider à éclairer ces événements.

Les dangers de la segmentation

Simplification excessive

L’un des principaux inconvénients de la division de l’histoire en tranches est le risque de simplification. En isolant des événements dans des périodes spécifiques, on peut perdre de vue les continuités et les interconnexions entre les différentes époques. Par exemple, la Renaissance ne doit pas être considérée comme un phénomène isolé, mais plutôt comme un mouvement culturel ayant des racines dans le Moyen Âge et des impacts sur la période contemporaine.

Historique de la segmentation

Historiquement, la tendance à découper l’histoire a été influencée par des contextes politiques, idéologiques et académiques. Les historiens ont souvent choisi des périodes qui servent leurs objectifs narratifs, parfois en négligeant des aspects importants des périodes intercalaires. Une telle approche peut mener à une vision biaisée de l’histoire.

Une approche holistique

Considérer l’histoire comme un continuum

Plutôt que de penser l’histoire en termes de tranches distinctes, il est peut-être plus judicieux d’adopter une perspective holistique. Cela permet de considérer les événements historiques comme le produit d’un continuum d’échanges d’idées, de cultures et d’innovations. Cette approche met en lumière les fils d’Ariane qui relient différentes époques et événements.

Interdisciplinarité

L’étude de l’histoire peut également bénéficier d’une approche interdisciplinaire, incluant des éléments de sociologie, d’anthropologie et de psychologie. Comprendre les comportements humains et sociaux peut enrichir notre vision des événements historiques. Par exemple, l’impact des idées philosophiques de la Réforme protestante sur le développement du capitalisme peut être pris en compte de manière plus globale.

Les avantages d’une perspective chronologique

La mémoire collective

Cependant, certaines tranches restent nécessaires pour préserver une mémoire collective. Les grandes périodes historiques, comme la Seconde Guerre mondiale ou la Révolution industrielle, sont des jalons qui marquent profondément la conscience historique d’un peuple. Leur identification permet de construire une identité nationale ou culturelle.

Événements marquants

Les évènements qui jalonnent l’histoire, comme des guerres, des traités ou des révolutions, méritent d’être isolés pour leur impact significatif sur le cours des événements. Retenir la date de la chute du Mur de Berlin, par exemple, permet de saisir l’importance de la fin de la guerre froide et ses conséquences géopolitiques.

Conclusion : un équilibre à trouver

Il est donc crucial de peser le pour et le contre de la segmentation de l’histoire. Une approche nuancée, qui combine à la fois des tranches pour l’analyse et une vision holistique pour les relier, peut offrir une compréhension plus riche de notre passé. Les historiens, les enseignants et les étudiants doivent rester conscients des limites de chaque approche et utiliser ces outils de manière créative.

En résumé

Découper l’histoire en tranches présente des avantages indéniables en termes de structure et de compréhension. Cependant, une attention particulière doit être portée afin d’éviter une vision simpliste et déformée de notre passé. Une approche équilibrée, prenant en compte à la fois la segmentation et la continuité historique, pourra enrichir notre compréhension de l’humanité et de son développement à travers les âges.

Ainsi, au lieu de voir l’histoire comme une suite de tranches, nous devrions aspirer à la considérer comme un vaste et complexe tissu, tissé de fils multiples, où chaque période, bien que distincte, soit indissociable des autres.

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